La Communication Non Violente (CNV) : un outil de l’éducation positive

Pour ceux qui me suivent depuis le début, vous savez que j’ai eu un déclic dans ma vie il a presque un an maintenant : j’ai découvert l’éducation positive, la pédagogie positive ET la Communication Non Violente (CNV), ce qui a bouleversé considérablement ma vie en ébranlant mes repères (l’éducation que j’ai reçu). J’avais entamé une psychothérapie depuis quelques années avec le sentiment de ne pas avancer plus que ça, lorsque j’ai découvert la CNV.

A ce moment là, je me suis dis que c’était vraisemblablement une clé pour avancer concrètement sur un de mes problèmes récurant : la critique négative des gens qui me sont les plus proches. En effet, j’ai une fâcheuse tendance à souligner les manquements des personnes qui me sont chères : ma mère, mon conjoint, mes enfants. Par exemple :

T’as pas rangé tes chaussures !

T’as oublié, encore une fois d’éteindre la lumière !

Quand tu fais la vaisselle, tu laisses toujours les saletés au fond de l’évier !

Mais pourquoi t’as jeté les boites que je gardais, j’en ai maarrre, bordel. Tu jettes toujours sans me demander !

T’as mis ma chemise rouge dans la machine à laver, ça a déteint sur le reste ! Merde, je t’ai dis de laver séparément les affaires neuves !

Ces petites phrases lancées intempestivement peuvent provoquer des conflits intergalactiques lorsque la personne a le malheur de répondre à mes attaques :

Bah t’as qu’à les ranger toi !

Mais est-ce que je te dis, moi, tout ce que tu ne fais pas ou que tu oublies ?

Oh ! Quand je prends des initiatives ça va jamais !

Et bah, la prochaine fois, tu le feras !

Le petit pic lancé devient alors une tornade où les deux protagonistes sont perdants.

Personnellement, j’étais consciente de mon fonctionnement sans pour autant pouvoir le changer, tout se passait malgré moi, ce qui me rendait profondément triste et en colère contre moi-même.

Avec la découverte du livre : Au coeur des émotions de l’enfant d‘Isabelle Filliozat dans un premier temps puis de la Communication Non Violente par la suite, j’ai pris conscience que mes réactions étaient simplement des besoins non -comblés.

D’ailleurs, je parle de “Réactions”  Ré-actions : Le préfixe “re” nous renvoie au passé, comme retour, renvoi, trograde etc. Lorsque nous réagissons,  nous agissons sous le contrôle du passé et nous laissons l’impulsion prendre le contrôle de nous-même.

Mais alors, en quoi la Communication Non Violente m’a aidé ?

La Communication Non Violente, quésaco ?

La CNV a été élaborée par Marshall Rosenberg, un psychologue clinicien américain, ancien élève de Carl Rogers. Marshall Rosenberg a été traduit avec 40 ans de retard en France. Dans Les mots sont des fenêtres ou bien ils sont des murs , il expose les principes de la « résolution pacifique des conflits » qu’il a enseigné dans une trentaine de pays avant de s’éteindre le 7 février 2015.

 

« Les jugements que nous portons sur les autres sont l’expression tragique de nos besoins non satisfaits. »

Voilà sa théorie. C’est en prenant le temps de les écouter et de les formuler que notre interlocuteur pourra identifier le message et y répondre à son tour.

La CNV nous aide à nous mettre en lien avec ce qui est vivant en nous et dans les autres.

Loin de pratiquer encore la Communication Non Violente dans mon quotidien, je vous livre ici ce que j’ai retenu de la CNV en tant que débutante (“apprentie girafe”). Pour vous aider à y voir plus clair, voici :

Le Petit Lexique du débutant en CNV :

La Girafe et le chacal :

Dans ces conférences, Marshall Rosenberg utilisait la métaphore de la girafe et du chacal.

La girafe est le personnage représentant la Communication Non Violente, le langage du coeur, car sur terre, la girafe est l’animal qui a le plus gros coeur. Basée sur l’écoute empathique, la girafe évite de moraliser, de corriger, de juger “ce qui est vivant en nous”.

Le chacal ? M. Rosenberg dira que c’est juste parce qu’il aime la sonorité du mot “CHA-CAL” ;-). Le chacal est celui qui n’utilise pas la CNV, à savoir la grande majorité d’entre nous. En effet, dans notre communication quotidienne nous utilisons souvent des : “il faut que tu…”,”J’ai l’impression que tu devrais…” ou pire “tu es bête ou quoi ! “.

Pour faire simple, la Communication Non Violente s’appuie sur un processus appelé OSBD (Observation, Sentiment, Besoin et Demande).

Le Processus OSBD :

Voici les étapes que propose la CNV  pour s’exprimer :

1 –OBSERVATION : décrire les faits, la situation de façon factuelle
« Quand je vois ton manteau par terre…»

2 – SENTIMENT : Partager ses sentiments (ressenti physique, émotion)
« Je me sens agacée, lasse, etc.»

3 – BESOIN : Préciser nos besoins
« J’ai besoin d’ordre et respect du ménage fait »

4 – DEMANDE : Formuler une demande claire, précise et réalisable, tout en laissant l’autre libre (ce n’est pas une exigence, c’est une proposition)
« Serais-tu d’accord accrocher ton manteau à l’entrée, en rentrant de l’école, s’il te plait ?»

Pour visualiser et intégrer ce processus, la CNV représente le bonhomme OSBD ainsi :

Si vous souhaitez télécharger le Bonhomme OSBD, cliquez-ici.

Pour vous aider à vous exprimer, voici une liste bien utile à télécharger ici :

         

Le Langage du coeur versus le diagnostic et le jugement :

En CNV, la girafe utilisera le langage du coeur, en utilisant l’empathie et en entendant ce qui est vivant en elle et en l’autre.

Le chacal utilisera, quant à lui, le jugement, la critique et le diagnostic ou encore le conseil car le chacal n’aime pas la souffrance.

En effet : “tu devrais sortir pour te changer les idées“, malgré ce qu’on pourrait penser est du “langage chacal”. Car le chacal se débarrasse de la souffrance de son ami, là où la girafe accueillerait sa souffrance et reconnaîtrait ses besoins : “je vois que tu es vraiment abattu, est-ce que tu te sens triste parce que tu ne t’ais pas senti respecté ?

Je retiendrais donc l’idée suivante :

“Derrière chaque jugement se cache un besoin merveilleux. Mes jugements vers l’extérieur m’invitent à prendre conscience de mes besoins à l’intérieur.”

Pour bien comprendre, je vous laisse écouter et regarder la chanson que Marshall Rosenberg avait l’habitude de chanter lors de ses conférences. Merci à Léti Gribouille pour ce joli montage tellement bien illustré !

En bref, voilà ce qu’on peut retenir : “lorsque je porte un jugement de valeur, que j’établis un diagnostic, une analyse, je crée une image d’ennemi qui me coupe de ma capacité à être en lien avec l’autre. Et si je juge, critique, diagnostique, c’est le moment d’écouter ce qui est vivant en moi. Car au final, le plus important c’est d’avoir raison ou d’être en lien ?”

La Communication Non Violente est donc un langage qui se veut gagnant / gagnant car :

Nous connecter à nos besoins mutuels permet de co-créer des solutions satisfaisantes pour chacun.”

Je suis consciente que tout cela n’est peut être pas très clair pour tous. Je vous laisse donc visionner la conférence de Marshall Rosenberg qui m’a donnée les premières clés de la Communication Non Violente. C’est vraiment très intéressant, mais c’est long (3 heures). Petit conseil de maman hyperactive : mettez un casque (Bluetooth, c’est encore mieux), ainsi vous pouvez écouter en faisant le ménage ou en préparant le repas ;-).

Sachez que cet article fait partie d’un carnaval d’articles organisé par Taha du blog Comment réussir sa vie, sur le thème de : « Comment mieux communiquer ?”. Vous trouverez donc les points de vue d’autres blogueurs ICI. Merci Taha.

Si vous souhaitez aller plus loin vous pouvez lire L’interview de M. Rosenberg par Psychologie.com.

Crédit photo : NatoPereira

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6 thoughts on “La Communication Non Violente (CNV) : un outil de l’éducation positive

  1. Waouw! Je crois que je viens de comprendre quelque chose là. C’est vraiment super bien expliqué. Pourtant je m’intéresse au sujet depuis un moment, mais je sais pas, en lisant ça m’a fait un déclic.
    Merci, en plus la façon dont tu explique et tes exemples, c’est vraiment parlant. J’adore 🙂
    A très vite.

    1. Waouw Jennifer ! Merci beaucoup pour ton commentaire, ça fait plaisir ! J’avais très peur de ne pas être claire, donc merci de ce retour. A toi de jouer maintenant au quotidien ;-). A très vite.

  2. Merci pour ce bohomme a téléchargé et a l’autre fichier, mais quand je fait télécharger sur formuler ses émotions et ses besoins par la cnv il n’y a que la derniere page qui apparait et je n’arrive pas a les télécharger est ce que je suis la seule

  3. Ha Violaine, j’adore ton article et je le trouve vraiment limpide. Grâce à toi, j’ai compris ce qui me conduit à me comporter comme un chacal, pourtant je suis en train de lire le livre de Marshall Rosenberg, histoire de devenir une girafe. Mais je n’avais pas saisi cette attitude de rejet de la souffrance, de ma souffrance d’où mes difficultés a intégrer la CNV…. La valeur du mot “accueillir” prend enfin tout son sens pour moi. En fait, je crois que tout est une question de position intérieure, suffit juste de trouver celle qui convient. 🙂 Tu as toute ma gratitude pour ce super article qui illumine ma compréhension

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