Fratrie : l’importance du temps dédié

Fratrie : l'importance du temps dédié, un outil de la discipline positive et de la parentalité ludique

Accorder du temps à ses enfants : un pléonasme ?

Accorder du temps à ses enfants est presque un pléonasme lorsque l’on est parent (et peut-être encore plus lorsqu’on est maman) ! En effet, du lever au coucher : qu’est-ce qu’on peut faire pour eux ! Les lever, les habiller (les coacher pour qu’ils s’habillent pour certains (non non je n’ai pas d’exemple en tête, haha ;)), les nourrir, les laver etc. Gérer les devoirs, les rendez-vous médicaux, les activités sportives et/ou culturelles, les pleurs, les disputes, les câlins etc…. Bref, je ne vais pas vous faire la liste complète de ce tout parent fait pour ses enfants, vous le savez déjà !

Au départ, notre bébé (et jusqu’à 3 ans à peu près) nous demande toute notre énergie et toute notre attention. Le bébé n’étant pas autonome, cela nous paraît évidant de prendre soin de lui. Cet enfant a besoin de nous pour être nourri (et une présence accrue s’il est allaité), se laver / s’habiller, être porté, être câliné etc. On va le stimuler, encourager ses progrès, se réjouir de chaque étape. Bref, un enfant de moins de trois ans demande beaucoup d’attention et de fait, un lien privilégié se tisse dès les premiers instants entre le parent et l’enfant.

Et puis un jour… un petit frère ou une petite soeur pointe le bout de son nez !

Même si, vous avez le sentiment que l’arrivée d’un autre enfant se passe bien, pourtant…

“En chaque enfant sommeille le désir profond de recevoir l’amour exclusif de ses parents. Ce désir serait à l’origine de la jalousie entre frères et soeurs. Pourquoi l’enfant tient-il tellement à avoir l’amour de ses parents pour lui tout seul ? Parce que la mère et le père sont la source merveilleuse de tout ce dont l’enfant a besoin pour survivre et se développer : nourriture, logement, chaleur, caresses, sens de l’identité, sentiment de valeur personnelle, sentiments d’être unique. […] Les frères et soeurs menacent tout ce qui est essentiel à son bien-être. L’arrivée d’un enfant pourrait faire en sorte que le premier ait MOINS : moins de temps passé seul avec ses parents, moins d’attention s’il est blessé ou déçu, moins d’éloge… Pire encore, elle pourrait engendrer cette pensée : “Si papa et maman montrent tout cet amour, cet intérêt ou cet enthousiasme pour mon frère et ma soeur, c’est peut-être parce qu’ils sont plus importants que moi.” Extrait de Frères et soeurs sans rivalité, Adele Faber et Elaine Mazlish, Editions du Phare.


Ainsi, l’arrivée d’un frère ou d’un soeur va générer de la jalousie (qu’elle soit exprimée ou non). Or, lorsque nos enfants grandissent et que les routines sont bien intégrées, avez-vous remarqué que notre posture, notre présence se modifie ? Nos enfants n’ont plus besoin de nous pour s’habiller, se laver voire pour les plus grands, pour se nourrir… Nos enfants n’ont plus besoin de nous ?? Mais si, bien entendu ! Si le propre des enfants est de s’autonomiser et de s’émanciper, reste le besoin universel, l’engrais essentiel de l’éducation : L’AMOUR !

L’amour : l’engrais de l’éducation

A l’arrivée de la petite soeur ou du petit frère, vous avez peut-être dit à votre enfant que vous l’aimez et que vous l’aimerez toujours ! Qu’avec l’arrivée du second enfant, votre coeur a doublé et que vous avez de l’amour pour 2 (3, 4…). Mais vous a-t-il cru ?

Un enfant croit ce qu’il voit ! S’il vous a vu allaiter votre bébé à la demande ou passer votre temps à changer, porter, consoler son frère ou sa soeur… Ou encore s’il vous entendu répéter des phrases telles que “attends, il faut que je change ton frère ! Ou ” tu es assez grande pour jouer toute seule“, votre enfant aura vite fait de tirer la conclusion : mes parents ne m’aiment plus. Ils préfèrent mon frère/ma soeur. Je ne suis pas assez importante à leurs yeux etc.

Attention, je ne suis pas là pour vous culpabiliser, non ! Je suis passée par là aussi avec mes deux enfants. J’ai prononcé sans aucun doute toutes ces phrases et encore plus !

Quel temps donne-t-on à nos enfants ?

Finalement, nous consacrons beaucoup de temps POUR nos enfants, pas forcément AVEC. En effet, les tâches domestiques ainsi que le travail prennent souvent le dessus. Mais combien de temps consacrons-nous réellement à nos enfants ? Lorsque je dis “consacrer” je parle bien de (d’après la définition du Larousse) :

  • donner à quelqu’un, quelque chose une place éminente dans le public
  • employer quelque chose totalement dans un but, pour le bien de quelqu’un.

Même ceux qui, comme moi, sont à la sortie de l’école et le mercredi avec les enfants, avons-nous vraiment plus de temps à leur consacrer ? Personnellement, si je réfléchis bien, ce temps n’est pas toujours de qualité…

Ce n’est pas la quantité qui compte mais la qualité  !

Et en cela les enfants ne s’y trompe pas ! Il n’y a pas longtemps, alors que je jouais à un jeu de société avec mes deux enfants, ma fille de 8 ans s’énerve et crie “Mais tu joues jamais avec nous !”…Pourquoi m’a t-elle renvoyé cela vertement ? Parce que j’étais avec mon téléphone en train de faire une InstaStory ! Petite explication, pour ceux qui ne sauraient c’est 😉 : une courte vidéo sur Instagram qui ne dure que 24H. Ma fille a ressenti dès cet instant que je n’étais pas à 100 % avec eux. Et elle avait raison !

Prenez maintenant quelques instants pour repenser au dernier moment exclusif de qualité que vous avez passé avec votre enfant… C’était quand ? Vous avez partagé quoi ? Maintenant, si vous avez un autre enfant, quel temps, seul à seul, lui avez-vous consacré ? Et les autres ?

Certes, je ne vais pas vous demander de me rendre votre copie… (Bien que vous pouvez le faire dans les commentaires). Mais je suis prête à parier que ce n’est pas si souvent ! Et d’autant plus lorsqu’on a plusieurs enfants.

Car consacrer un temps à notre enfant c’est partager un véritable temps particulier, rien qu’à lui. Concentré sur la relation et le plaisir partagé. Sans être préoccupé(e) par le diner ou son smartphone ;-).

C’est ce qu’a développé Jane Neslsen, l’auteur et l’initiatrice de la Discipline Positive lorsqu’elle parle du temps dédié !

Un outil de connexion : le temps dédié.

Le temps dédié d'après Jane Nelsen

“On ne compte pas les nombreuses heures passées avec ses enfants, ses élèves, et pourtant, le temps que l’on passe ensemble sans l’avoir vraimnt choisi, ou simplement parce qu’il s’inscrit dans l’organisation quotidienne, n’est en rien comparable au temps que l’on décide de passer ensemble de façon dédiée. C’est l’une des choses les plus encourageantes que les parents puissent faire pour leurs enfants : passer un temps régulier, programmé, “juste pour l’enfant”, comme un cadeau. Pas un temps obligatoire, ni occasionnel, mais un vrai temps garanti et dédié.” Extrait de La discipline Positive de Jane Nelsen.

Le temps dédié versus parentalité ludique : “le temps particulier”

Si l’on transpose ce temps dédié dans la parentalité ludique, cela donne un temps de jeu exclusif ! Et en la matière, je m’appuie sur mon livre de référence : Qui veut jouer avec moi ? Du Dr Lawrence Cohen, Ed. Poche Marabout.

« Un enfant qui a l’occasion de décider à quoi jouer avec vous, et comment, remplira son réservoir ; ce qui améliorera à la fois sa confiance en sa personne et sa relation avec vous. Le meilleur moyen de lui laisser l’initiative consiste à le laisser totalement aux commandes une heure ou deux – pendant ce que j’aime qualifier de « Temps Particulier ». Si le parentage ludique est une invitation à rejoindre les enfants dans leur monde, le Temps Particulier est un pas supplémentaire vers eux. Le parentage ludique implique un changement d’attitude durable, une volonté constante de manifester l’attachement et de plus s’amuser avec eux, de manière à ce qu’ils apprennent et grandissent sans crainte ni pression ». Lawrence COHEN, Qui veut jouer avec moi.

Et vous, avez-vous des jeux que vous aimez jouer avec un enfant en particulier ? Comment vous organisez-vous pour trouver du temps particulier pour chacun de vos enfants ? J’attends vos réponse dans les commentaires :-).

Toutefois, si vous n’aimez pas jouer (ou vous pensez que vous n’aimez pas jouer) avec vos enfants, je vous invite à lire cet article qui vous déculpabilisera et vous donnera des idées, j’en suis sûre 😉 !

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